[Rugby] : Le Top 14 et ses vainqueurs uniques

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Tout comme le RC Toulon et l'USA Perpignan, le Racing 92 n'a remporté qu'un seul titre de champion de France durant ces quinze premières années de Top 14. Crédit : [NiceMatin].

Le Top 14 a vu des équipes défiler, des leaders s’écrouler en phases finales, des mythes descendre, mais aussi certaines formations décrocher le Brennus à une seule reprise. Depuis 2005, trois d’entre elles n’ont donc ramené le bouclier qu’une fois : l’USAP, le RC Toulon et le Racing 92. Des clubs qui ont marqué ces quinze ans de championnat, leurs effectifs restant dans la légende. Ils ont parfois manqué de peu un second titre, échouant en finale ou un peu plus tôt. Ces trois équipes se distinguent néanmoins quant à leur origine dans ce Top 14. Au sommet de leur art entre 1980 et 1990 (également au tout début du championnat pour le Racing), Toulon et le club de Colombes ont fait leur entrée par la petite porte, par l’échelon inférieur. Pour le club varois, ce fut en 2008, la saison suivante pour les Ciel et Blanc. Au contraire, Perpignan fut l’équipe avec la plus grande longévité de l’histoire derrière Toulouse, présent de 1911 à 2014 dans l’élite du rugby français. Les Catalans décrochèrent six titres durant le XXe siècle, avant de remporter le Brennus une dernière fois en 2009.

Demi-finaliste en 2006 et 2008, l’USAP réussit une superbe saison régulière et termine premier du classement. Vainqueur au forceps du Stade Français en demies, il retrouve l’ASM en finale au Stade de France, cinq ans après sa dernière venue à Saint-Denis. Dominés durant le premier acte (6-10), les hommes de Jacques Brunel font l’effort durant les quarante minutes suivantes. Servi par le sérial buteur Jérôme Porical, l’emblématique centre David Marty inscrit le seul essai catalan. La tendance s’inverse alors et les équipiers de Nicolas Mas poussent les Auvergnats à la faute. Porical poursuit son récital et valide le succès (22-13). Pour Julien Candelon, titulaire à l’aile, ce fut « inoubliable ». D’ailleurs, « plus de 10 ans après on croise encore des gens qui disent “Merci” ! » confie le meilleur marqueur d’essais du club sur l’exercice 2008-2009. Ce dernier se souvient d’un moment en particulier, le lendemain de la finale : « le peuple catalan en masse au pied du Castillet ça je crois que cela restera le plus grand moment d’émotion ».

La saison suivante, l’USAP est de nouveau l’équipe la plus régulière, première au classement. Mais, revanchards, les Clermontois prennent leur revanche en finale et remportent leur tout premier Brennus : « c’est vrai nous n’avons pas assuré le doublé, mais deux années d’affilée en finale, c’était une fierté, et cela reste une belle performance pour le groupe et le club » assure Julien Candelon.

 

Sorti des eaux dans la deuxième partie des années 2000 avec l’apparition de l’actuel président Mourad Boudjellal, le RC Toulon réapparaît en Top 14 avec des légendes au maillot noir : Jerry Collins, Sonny Bill Williams, Tana Umaga. A peine installé dans l’élite, le RCT décroche sa première demie en 2010, emmené par son nouveau coach Philippe Saint-André et la perle Jonny Wilkinson. Dans une rencontre qui restera dans les mémoires, les Varois tombent en prolongation contre le futur champion de France clermontois (29-35). Après une huitième place en 2011, c’est la domination outrageuse. Sept fois consécutivement, Toulon termine à l’une des quatre premières places de saison régulière, et participe donc aux play-offs. A cinq reprises, le RCT monte sur la capitale pour disputer la finale du Top 14 : contre Toulouse (2012), Castres (2013, 2014), le Racing 92 (2016) et enfin Clermont (2017). La génération Wilkinson ne soulèvera cependant qu’une fois le bouclier de Brennus.

 

Après deux revers consécutifs, c’est suite à un succès contre le Castres Olympique (18-10) que le RCT le ramène sur la Rade, grâce à la patte de son maestro Wilko. C’est un XV légendaire qui décroche enfin la gloire. Carl Hayman, Bakkies Botha, Ali Williams, Bryan Habana ou encore Drew Mitchell, le triomphe national intervient en 2014 pour cette équipe à l’accent très cosmopolite. Rajeuni en 2016 et 2017, l’effectif tombe encore en finale, une carence pour un club qui remporta trois Coupes d’Europe à la suite. Il y a quatre ans, c’est face au Racing 92 que Toulon échoue aux portes du titre. Les Ciel et Blanc ont même gagné le Brennus 2016, au Camp Nou, lors de leur seule participation en finale de Top 14. Le club francilien des Szarzewski, Nyanga, Chavancy ou Dulin s’impose de huit points (29-21). Les hommes de Laurent Travers et Laurent Labit font la différence à l’aide du jeu au pied de la star Dan Carter (et de sa doublure Johan Goosen), et d’un fantastique déboulé de Joe Rokocoko. L’épopée des Racingmen n’avait tenu qu’à un fil, avec l’expulsion rapide de son n°9 Maxime Machenaud à Barcelone, ou une qualification acquise en prolongations lors de la demie contre l’ASM (34-33).

Néanmoins, ce seul trophée remporté reste, comme pour Toulon, un gros point négatif. Avec même une ampleur plus importante, le Racing n’ayant jamais pu gagner la Champions Cup, malgré deux finales. Disposant d’un groupe d’un niveau impressionnant de bout (Chabal, Bobo, Steyn) en bout (Nakarawa, Russell, Imhoff), et d’une régularité dingue (qualification en phases-finales depuis la montée en Top 14, 2009), le Racing 92 n’aura pourtant empoché qu’une seule victoire finale, comme le RC Toulon et l’USA Perpignan.

Mathéo RONDEAU

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