[Rugby] : Ces clubs qui s'approchent du Brennus

Montpellier Rugby, MHR, Finale Top 14 2017-2018
Par deux fois, Montpellier est tombé en finale du Top 14. Ici, la déception de Tomane dans les bras de Nathan Hines, au terme de la finale 2018 contre Castres. Crédit : [AFP].

Ces équipes ont encore de belles années devant elles. Des années, elles en ont passé un bon nombre dans l’anonymat, bien loin de la Première Division du championnat de France. Des clubs à l’histoire moderne – ou, pour le LOU, au palmarès établi durant l’entre deux guerres -  du moins à la récente apparition au plus haut niveau, qui montent en puissance depuis quelques années et sont même passées tout près de ramener le Brennus à la maison. Montpellier, double finaliste du Top 14, à la régularité impressionnante depuis le début des années 2010 ; ainsi que La Rochelle et Lyon, deux formations venues de Pro D2 il y a peu et ayant atteint le dernier carré à deux reprises. Retour sur ces trois équipes qui ont rêvé de soulever le bouclier, qui s’en sont approché sans jamais avoir pu encore le toucher.

 

Montpellier : à deux doigts, deux fois

 

Le MHR tel que nous le connaissons a mis du temps à se construire durablement. Né d’une fusion dans les années 1980, le club dont Philippe Saint-André est récemment devenu directeur du rugby a du traverser une crise financière en 1997 qui a considérablement ralenti son ascension. Il accéda à la Pro D2 en 2001 et remporta même ce championnat deux saisons après, synonyme de montée en Top 16. Le club, jeune, se maintient dans l’élite. L’arrivée du duo Fabien Galthié-Eric Béchu lance un nouveau cycle. Montpellier termine sixième lors de la saison 2010-2011, mais bat Castres en barrages (18-17) puis le Racing-Métro en demies (26-25). Face au légendaire Stade Toulousain, c’est une formation jeune et inexpérimentée qui découvre le Stade de France. Seuls quelques joueurs sont internationaux, de Fulgence Ouedraogo à François Trinh-Duc en passant par Mamuka Gorgodze.

 

Le MHR, d’abord dominé, ouvre la marque grâce à l’insouciance de Timoci Nagusa, auteur d’un festival. Mais cela ne suffira pas contre une équipe toulousaine qui saura s’engouffrer dans la moindre brèche, et convertir les pénalités en seconde mi-temps. C’est un premier échec pour les Héraultais (10-15). L’effectif n’en reste pas moins régulier, terminant à cinq reprises dans le Top 6 lors des six saisons suivantes. Deux demi-finales (2014 et 2016), trois barrages (2012, 2013, 2017), et le premier « vrai » trophée de l’histoire, le Challenge Européen, décroché à Lyon en 2016 (contre les Harlequins). Désormais coaché par Vern Cotter, le MHR domine de la tête et des épaules la saison régulière 2017-2018, validant sa place en demie puis en finale après la claque infligée au LOU de Fred Michalak. Mais à nouveau, il tombe à Saint-Denis contre Castres (13-29), malgré un effectif bien plus expérimenté, plus dense, plus international.    

 

Stade Rochelais et Lyon : la persévérance paie

 

Voilà deux équipes que l’on a souvent considérées comme faisant très régulièrement « l’ascenseur » entre le premier et le deuxième échelon du rugby professionnel français. Les années 2000 virent l’élite demander plus d’exigences et un niveau meilleur encore, un déficit pour les équipes venant de Pro D2 par rapport aux historiques du Top14. Difficile alors de stabiliser la situation quand le maintien n’est pas obtenu. Le Stade Rochelais parvient néanmoins à conserver sa place en Top14 pour la première fois en 2015, terminant neuvième de la saison, puis de la suivante. Alors que pour l’édition 2016-2017, le LOU, champion de D2, rejoint les Maritimes, le club charentais domine la saison régulière de la tête et des épaules. Six défaites en vingt-six rencontres, le phénomène Deflandre qui grandit, et une équipe tout-terrain : de l’expérience (Atonio, Vito, James), des promesses (Gourdon, Retière, Rattez, Lacroix) et des pointures internationales (Qovu, Eaton, Januarie).

Stade Rochelais, Top 14 2017, RC Toulon, Demi-finale 2017
Scénario cruel pour le Stade Rochelais de Gabriel Lacroix lors de la demi-finale du Top 14 en 2017. Les jaune et noir tiennent leur ticket pour le Stade de France jusqu'au drop sur le gong d'Anthony Belleau pour le RCT. Crédit : [IconSport].

Qualifié directement pour les demies, le Stade Rochelais réduit à quatorze est battu dans les tout derniers instants par le RC Toulon (15-18). Mais cette saison des Charentais a eu des conséquences populaires et, sur un modèle très semblable, le LOU fit de même. Avec une équipe tout aussi complète, un public qui n’en demandait pas tant, le club Rhodanien accédait en 2018 à ses premières phases finales de Top 14. Battu en demie par Montpellier, l’équipe de Pierre Mignoni avait pris rendez-vous avec le futur proche. Rochelais et Lyonnais allaient même se retrouver dans le dernier carré la saison suivante, les jaune et noir en tant que tombeurs du Racing 92 en barrages, les rouge et noir du MHR. Leur parcours s’arrêtait au Matmut Atlantique en demi-finale, respectivement face à Toulouse et Clermont. Cette année, les deux équipes ambitionnaient mieux. Le LOU avait parfaitement entamé la saison régulière. Suivant le rythme effréné de l’UBB, il semblait bien parti pour terminer deuxième.

 

Peut-être que, prochainement, le bouclier de Brennus ira flâner sur les bords du Rhône, de la Méditerranée ou de l’Océan Atlantique…

Mathéo RONDEAU      

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