Shaquille O’Neal, le plus inarrêtable pivot de l’histoire

Né dans le New Jersey en 1972, Shaquille O’Neal a été abandonné par son père emprisonné très tôt dans son enfance. Élevé par un milliaire américain qui a dû beaucoup déménager à cause de son métier, Shaq vit une enfance difficile, mais il le vénère et le considère comme son vrai père. A 12 ans, il mesure déjà 1,98 m et se fait remarquer pour l’entraîneur de l’équipe de basket-ball de l’université d’Etat de Louisiane alors qu’il joue sur la base américaine où travaille son père adoptif. Ce dernier accepte que Shaquille joue au niveau universitaire aux Tigers de LSU. Les Tigers de LSU sont très suivis par les médias, mais l’équipe se fait rapidement éliminée des tournois universitaires. O’Neal enregistre d’ailleurs un record qui tient toujours depuis 1990, 17 contres dans une rencontre NCAA.

 

Crédit photo : Sport 365

 

L’arrivée en NBA de « Big Cactus »

Sélectionné en tant que premier choix de la draft 1992 par le Magic d’Orlando, Shaquille O’Neal mesure 2,16m pour 136 kg. Des mensurations extraordinaires, et des performances extraordinaires. L’équipe floridienne sort d’une saison désastreuse, et dès les premiers matchs, il domine. Il est vite le meilleur marqueur et rebondeur d’Orlando, et sera All-Star titulaire dès sa première saison. O’Neal, avec 23,4 points, 14 rebonds et 3,5 contres, sera élu Rookie of the Year. O’Neal change les règles dès sa première saison, en cassant 2 paniers. Il oblige alors la NBA à renforcer ses panneaux.

En 1993, un an après son arrivée, le Magic récupère le meneur Anfernee « Penny » Hardaway. Ensemble, il est prévu qu’ils dominent. Durant cette première saison ensemble, O’Neal domine comme jamais, il réalise un triple-double (24 points, 28 rebonds, 15 contres) extraordinaire. L’équipe se qualifie pour les Playoffs, mais Indiana, bien plus expérimenté, éliminera ces jeunots venus de Floride.

Durant la saison 1994-95, O’Neal devient meilleur marqueur de la saison et Orlando réalise une très bonne saison, avec 57 victoires pour 25 défaites. Ils atteignent les finales NBA, mais les Rockets du pivot Hakeem Olajuwon ne leur laisseront aucune chance, avec un sweep 4-0. Orlando ne parvient pas à retrouver les Finales l’année suivante, et à l’été, des problèmes se créent entre Shaq et les dirigeants de la franchise, qui visiblement hésitaient à lui mettre un contrat max alors qu’il arrivait à la fin de sa saison rookie.

 

Los Angeles, et la relation avec Kobe Bryant

En 1996, O’Neal quitte la Floride pour les Lakers de Los Angeles. Pour ces débuts avec la franchise, l’équipe stagne. Elle aligne de bons résultats en saison régulière, mais en Playoffs, ça ne passe pas. Mais une grande équipe, ça passe souvent par un grand coach. Et pour la saison 1999-2000, c’est le grand Phil Jackson et son fameux jeu en triangle qui arrive à L.A., et ce changement sera bénéfique pour Shaq. Lors de cette même saison, il marque en moyenne 29,7 points par match, et finit meilleur marqueur de la saison, devant Allen Iverson. Le jour de son anniversaire, il décide de s’offrir un joli cadeau face aux voisins des Clippers. A 28 ans, il est trop grand, trop costaud et trop mobile. Ses coéquipiers le gavent de ballons et après 48 minutes dont 45 passées sur le terrain, le bilan arrive : 61 points, 23 rebonds et 3 passes. Rien que ça…En fin de saison, il est élu MVP, le seul, un doux scandale d’ailleurs, et il finit à seulement 1 voix de devenir le 1er MVP de l’histoire à être élu à l’unanimité. Premiers finales NBA face aux Pacers, et les Lakers remportent la série 4-2, avec un Shaq à 38 points et 16,7 rebonds par match sur ces 6 matchs, ce qui lui permettra évidemment d’être MVP des Finales.

Avec Kobe Bryant, ils forment l’un des meilleurs duos de la NBA, mais des tensions ont toujours existé entre ces 2 stars à l’ego surdimensionné.

La saison régulière 2001 n’est pas très bien gérée par les Lakers, mais le temps venu des Playoffs, ils se réveillent et écrasent chacun de leurs adversaires, ne concédant qu’une seule défaite, en finale, face aux Sixers). Ses 33 points et 15,8 rebonds de moyenne en finales lui permettent de décrocher son second titre de MVP des finales.

2002, une année réussie jusqu’aux playoffs où ils se feront très peur face aux Sacramento Kings (surnommé « Queens de Sacramento » par Shaq, un peu de trashtalking, ça n’a jamais fait de mal…), mais les Lakers franchiront cet obstacle en 7 matchs avant d’aller écraser les Nets de Jason Kidd 4-0 en finales. Il sera de nouveau MVP des Finales, avec 36,3 points de moyenne et 12,3 rebonds. Les Lakers sont au sommet de leur art, ils vient de réaliser un three-peat, O’Neal est considéré comme totalement inarrêtable, ce qui lui vaut le surnom du plus dominant de tous les temps.

A l’aube de la saison 2003, la franchise californienne est favorite pour réaliser le Four-Peat, mais Shaq ne joue que 67 matchs à la suite de blessures et Kobe est trop seul. En Playoffs, ils se feront devancer par les Spurs, qui avaient l’objectif de donner une bague à David Robinson avant qu’il parte en retraite.

2004 sera la dernière saison de Shaq aux Lakers. En embauchant les vieux Karl Malone et Gary Payton, les dirigeants espéraient sans doute un Big Four ultra-dominant. Mais la saison ne se déroule pas comme prévu, et les Pistons, bien plus collectifs, ne leur laisseront qu’un seul match en Finales NBA. Et c’est pendant cette saison que les rapports entre O’Neal et Bryant se sont véritablement dégradés, les 2 joueurs se critiquant par presse interposée, le 1er reprochant au 2e de ne pas assez passer le ballon, le second lui rétorquant de le laisser tranquille. A l’été, O’Neal décide de quitter L.A.

 

Le retour en Floride pour le gros Shaq puis la fin de carrière

 

 

Quand il est transféré au Miami Heat, il promet aux fans qu’il leur apportera un titre. Avec l’apport d’O’Neal et la présence déjà très imposante du sophomore Dwayne Wade, le Heat finit 1er de la Conférence Est, mais se fera éliminer en finales de conférence par des Pistons qui voulaient un nouveau titre après celui de l’an passé. La saison 2005-2206 sera l’année du retour aux affaires du coach mythique Pat Riley mais aussi de la réconciliation avec Kobe. Et en fin de saison, face aux Mavs de Dallas, le Heat ira chercher sa bague, avec un Wade déjà au plus niveau, complimenté par O’Neal « Dwayne Wade est le meilleur joueur du monde à mes yeux ». Mais la saison suivante, dégringolade. Shaq se blesse, Wade n’arrive pas à porter l’équipe (comme Kobe quelques années plus tôt aux Lakers) et Miami se fait sortir au 1er tour des Playoffs. Mais Shaq approche des 35 ans, et son corps commence à lui poser problème. Des blessures, en particulier au genou, l’affectent, son rôle diminue et en février 2008, il part aux Suns. Un mois plus tard, il devient le 3e joueur de l’histoire à marquer 26 000 points, prendre 11 500 rebonds et effectuer 2 500 contres lors de sa carrière. A Phoenix, O’Neal perd du poids, marque moins, mais tire mieux, prend plus de rebonds et est plus collectif. La franchise ne franchira pas le 1er tour des Playoffs, mais selon Steve Kerr, à l’époque directeur général des Suns, le transfert d’O’Neal est un succès.

Il rentre presque tout en haut du classement pour les marqueurs les plus prolifiques de NBA, dépassant Moses Malone pour prendre la 5e place le 21 mars 2009. A la fin de cette saison 2008-2009, Shaq finit en tête de la ligue en pourcentage de réussite au tir. Il bat ainsi le record du nombre de saisons terminées en tête de ce classement, avec 10. A l’été, O’Neal et son gros contrat sont envoyés à Cleveland, où siège un certain Lebron James. Son temps de jeu a grandement diminué, mais à partir de quelques matchs, l’association James-O’Neal porte ses fruits et le 21 février, face à son ancienne équipe du Magic, il devient le 4e joueur de l’histoire à franchir le seuil des 20 000 points, 10 000 rebonds, 2000 contres et 3000 passes en carrière. Une entorse du pouce 4 jours plus tard lui fait rater la fin de saison régulière, et les Playoffs s’arrêteront au 2e tour par les Cavaliers.

Boston, le dernier défi. Après sa finale 2010 gagnée, Kobe Bryant déclare « J’en ai un de plus que Shaq ! » Le propriétaire des Celtics recrute alors O’Neal, qui même s’il n’est plus aussi fort qu’avant, pose toujours des problèmes dans les défenses adverses. Il est blessé une grande partie de la saison, ce qui ne l’empêche pas de répondre à Kobe «  Lorsque Kobe s’est vanté d’avoir une bague de plus que moi, je me suis dit que je représentais encore quelque chose. Kobe pense encore à moi, et je reste quelqu’un à qui on aime se mesurer. Mais je ne me bats pas contre les petits arrières. Je ne combats pas contre ceux qui bouffent la balle et prennent 30 tirs comme D-Wade ou Kobe. En revanche, si c’est Tim Duncan qui m’avait dit ça, là, ça m’aurait ennuyé. C’est le seul contre qui je suis en compétition. Si Tim Duncan avait cinq bagues, alors j’accepterais qu’on dise qu’il est le meilleur. »

Shaquille O’Neal prend sa retraite le 1er juin 2011, via une vidéo destinée à ses fans. Durant sa carrière, il a marqué 28 596 points, pris 13 099 rebonds, fait 3 026 passes, contré 2 732 tirs et fait 739 interceptions, le tout en 1207 matchs.

 

Shaq et son type de jeu, un jeu à part

On ne pouvait pas faire un article sur Shaq sans parler de son type de jeu. Mesurant 2,16m, pesant entre 130 et 150 kg selon les années, chaussant du 58, O’Neal a un physique très impressionnant, doublé d’une mobilité folle pour un joueur de son poids. Il est quasi impossible à défendre : les pivots assez lourds pour le défendre ne sont pas assez rapides, et les intérieurs rapides ne pouvaient rien faire face à sa puissance. O’Neal marquait beaucoup, mais sa maladresse aux lancers-francs (plus de 5000 manqués, un record) est telle qu’à la fin des années 1990, une tactique de défense est mise en place pour essayer de l’arrêter, le « Hack-a-Shaq ». Cette stratégie consistait à faire volontairement faute sur O’Neal et de compter sur sa maladresse aux lancers-francs.

Plus qu’un sportif célèbre, Shaquille O’Neal est devenu au fil des années un personnage apprécié et populaire. Son comportement souvent enfantin, son amour pour les jeux-vidéos et les super-héros, son humour et sa douceur en faisait un personnage particulièrement attachant.

 

Paul Lalevee

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