Wilt Chamberlain, un dominant parmi les dominants

Sans doute le joueur le plus dominant de l’histoire de la NBA, en concurrence avec le Shaq du début des années 2000, mais Wilt Chamberlain n’a pu éviter les défaites successives de ses équipes face aux Celtics de Boston de son rival Bill Russell. La rivalité entre les 2 pivots est l’une des plus célèbres de l’histoire de la NBA.

Problème, ces échecs répétés en finales lui créent une réputation de perdant. Finalement, son retour dans sa ville natale, Philadelphie, en 1965, lui permet de remporter un titre, plus collectivement en 1967.

Chamberlain est le premier géant de l’histoire du basket (2,16 m) à faire preuve de mobilité, ce qui lui permet d’avoir un énorme avantage physique sur quasi tous ses adversaires. A sa mort, en 1999, son ex-coéquipier Jerry West affirmera qu’il était « plus grand que son sport ». Aujourd’hui, « Wilt the Stilt » (l’échassier) détient plus de 70 records, dont certains totalement intouchables.

Wilton Norman Chamberlain est né un jour d’août 1936. Enfant, il est proche de mourir d’une pneumonie et met un an à guérir. Il commence le sport par la course sur piste, où il remporte déjà des victoires. A 10 ans, il mesure déjà 1,84 m, et prend alors conscience qu’être grand au basket-ball, c’est un grand avantage. En rentrant au lycée all black d’Overbook à 15 ans, Wilt mesure déjà 2,11 m. Il remporte presque tous les matchs disputés avec l’équipe du lycée, mais ne délaisse pas l’athlétisme où ses performances rentrent déjà dans les livres des records de l’école. Il rejoint l’université de Kansas, et l’équipe de basket-ball des Jayhawks, mais est victime du Ku Klux Klan à cause de ses performances hors normes (52 points et 31 rebonds lors de sa première rencontre universitaire). En 1957, il décide quitter l’université avant la fin de son cursus, et veut intégrer la NBA. Trop jeune, il devient professionnel au sein des Harlem Globetrotters, et jouer avec cette équipe lui fait beaucoup de bien sur le plan psychique.

L'arrivée en NBA

Le patron des Warriors de Philadelphie avait flairé très tôt le phénomène qui arriva dans la ligue pour la saison 1959. 4 ans plus tôt, il avait contribué à la mise en place d’une règle qui l’aiderait à sélectionner plus facilement Wilt. Son tout premier match, c’est face a New York au Madison Square Garden, et il inscrira 43 points et prendra 28 rebonds. Très dominant, peut-être même trop, Wilt sera la cible de ses adversaires et de leurs coups. Sa première saison, il la bouclera avec 37,6 points, 27 rebonds de moyenne et le titre de MVP de saison régulière. La saison suivante, il est encore plus impactant, 38,4 points par match accompagnés de 27,2 rebonds. Il réalisera cette saison-là l’un des records les plus intouchables, 55 rebonds en 1 match.

La saison et le match à 100 points

Crédit photo : Paul Vathis/AP

Arrive la saison 1961-1962. La saison de tous les records. Il est exclu pour la 1e fois de sa carrière, pour 2 fautes techniques. Il rate alors 8 min et 33 sec, et ce seront les seuls minutes de toute la saison des Warriors de Philadelphie sans le pivot. Wilt est présent de la première à la dernière seconde de toutes les autres rencontres. Mais le point d’orgue de la saison a leu le 2 mars 1962, en Pennsylvanie, face aux Knicks. Ces Knicks sont une équipe en détresse, qui finira par la suite à la dernière place du classement de la Conférence Est, et qui doit en plus jouer sans son pivot titulaire Phil Jordan. C’est donc à un rookie, Cleveland Buckner et à un sophomore, Darrall Imhoff, de se coltiner ce Wilt intenable depuis le début de la saison. Imhoff est rapidement embêté par les fautes, et c’est donc le tout jeune Buckner qui défend la plus grande partie du match sur Wilt. Wilt, bien plus grand, domine et finit le premier quart-temps avec 23 points. A la mi-temps, les Warriors sont devant (79-68) et Wilt a déjà inscrit 41 points. Dans le vestiaire, le meneur des Warriors, Guy Rodgers (12 pts et 8 passes de moyenne en carrière) lance : « Donnons la balle à Wilt et voyons à combien de points il peut finir. » Cette stratégie se montre directement inarrêtable. A l’aube du dernier quart, Wilt est à 69 points, et il n’est plus qu’à 9 points de son record de points. C’est alors un dernier quart où tout le public veut que Chamberlain dépasse les 100 points, mais où les Knicks font tout pour éviter l’humiliation et se mettent à faire faute sur chacun des joueurs des Warriors à l’exception de Wilt. Les Knicks ne jouent plus pour gagner, mais pour empêcher Wilt d’atteindre les 100 points. Les Warriors ne jouent plus pour gagner, mais pour permettre à Wilt d’atteindre les 100 points. Cette fin de match est une parodie de basket. A une minute du terme, Wilt se retrouve à 98 unités, et à 46 secondes de la fin du match, il devient à tout jamais le héros de la NBA sur un alley-oop qui lui permet d’atteindre les 100 points. Les Warriors remportent la victoire 169 à 150 avec un Wilt à 100 points dont un 36/63 aux tirs et un 28/32 aux lancers-francs. Ses moyennes en fin de saison : 50,4 points (un record NBA qui tient toujours) et 25,4 rebonds par match. Mais la franchise de Philadelphie ne franchira pas l’obstacle Celtics et Bill Russell en finales de conférence Est.

 

Et à l’été, le propriétaire vend la franchise, qui déménage à San Francisco. Wilt suit, mais la première saison de l’équipe à l’Ouest est difficile et il rate les playoffs. L’année suivante, Wilt et les siens retourneront en Finales, mais chuteront de nouveau face à Boston.

En 1965, quelques jours après le All-Star Game, il est transféré aux 76ers de Philadelphie, mais le sort en finales de conférence est le même : défaite face aux invincibles Celtics.  Alors, pour la saison 1966-1967, le jeu de Wilt évolue à la demande de ses entraîneurs. Ce qu’ils veulent, c’est gagner le titre, et c’est tout. Wilt n’est plus « que » 3e meilleur marqueur de la saison, remporte son 2e titre de MVP et bat son rival ultime, Bill Russell en finales de conférence. Les Finales NBA, Phily les jouera contre son ancienne équipe, les San Francisco Warriors. Phily gagnera cette série 4-2, avec un match 6 de Wilt bien bien complet (24 points, 23 rebonds). L’été 67, Chamberlain est au sommet. Joueur le plus payé de NBA, champion en titre et meilleur scoreur de l’histoire de la NBA, il joue même avec les Harlem Globetrotters en Europe.

A 31 ans, son corps commence à lui mettre des barrières. Même s’il continue à dominer (meilleur rebondeur, meilleur passeur et meilleure efficacité au tir sur la saison 1967-1968, personne d’autre ne l’a jamais fait dans l’histoire) et à inscrire son nom dans le livre des records (21 points, 25 rebonds et 21 passes décisives, soit le premier double-triple-double de l’histoire, et depuis seul Westbrook l’a fait), Wilt n’est plus l’immense Wilt. En fin de saison, il décide de rejoindre les Lakers. Il rejoint Jerry West et Elgin Baylor, 2 des 5 meilleurs joueurs du championnat. Mais les blessures apparaissaient, il se blesse lors du dernier match des finales, perdues, face aux Celtics, et la saison 1969-1970 commence par une grave blessure au genou droit. Une défaite face aux Knicks en finales, puis face aux Bucks de Kareem Abdul-Jabbar l’année suivante pousse Wilt à se remotiver. Avec ses Lakers, Wilt s’inscrira dans le livre des records avec la série de 33 victoires consécutives, un record qui tient encore aujourd’hui.

 

Sa dernière saison, 1971-1972, il joue moins. Mais il établit encore des records. Il devient le meilleur rebondeur de l’histoire, devant son rival Bill Russell, et avant le All-Star Game, il est le premier à franchir la barre des 30 000 points en carrière. Il joue moins, mais reste toujours influant, comme lors de sa performance en finales NBA, encore une fois face aux Knicks lors du match 5, avec 24 points, 29 rebonds et 10 contres. A la suite de cette victoire, Wilt prend sa retraite sportive.

 

Il décède le 12 octobre 1999 à Bel Air, à l’âge de 63 ans. Wilt aura battu de nombreux records, il en détient encore 71 aujourd’hui, et aura totalement dominé son ère, mais seulement au niveau statistique, la faute aux Celtics, équipe plus complète.

 

Paul LALEVEE

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