Mort de Chester Williams, une pro D2 folle, Bianca Andrescu nouvelle pépite : Notre Top 3 du week-end !

Symbole du rugby sud-africain, Chester Williams s'est éteint prématurément ! [Crédit : France TV Sport]

Symbole du rugby sud-africain, Chester Williams s'est éteint prématurément ! [Crédit : France TV Sport]

Un symbole s'envole : Chester Williams s'est éteint.

L’Histoire consacre parfois ses pages les plus importantes à des personnages communs. Erol Tobias ainsi qu'Avril et Chester Williams en sont les preuves. Dans un pays morcelé un demi-siècle durant par une politique d’apartheid, séparé selon des critères raciaux ou ethniques, être noir ou métis était plus qu’un combat. Les trois hommes cités plus tôt étaient inscrits dans la catégorie des « Coloureds » (métis) et furent les trois premiers joueurs de couleur à avoir porté le maillot vert et or Springbok. Alors que Tobias et Avril Williams devaient leur faible nombre de sélections aux efforts inconsidérés de leur sélectionneur pour les faire entrer dans le groupe sudaf (ce qui était interdit) dans les années 1980, Chester Williams a, de son côté, un peu plus apporté sa pierre à l’édifice de la réconciliation entre les différentes communautés au début de la décennie suivante. Remarqué par ses performances notables avec la Western Province, il va connaître sa première sélection en novembre 1993 contre les Pumas Argentins. Il inscrira même le premier d’une longue liste d’essais en carrière internationale ce soir-là. Une carrière qui n’a pas tenu à grand-chose.

L’arrivée de Nelson Mandela au pouvoir suite aux premières élections multiraciales en 1994 semble apaiser pour de bon les rapports inter-communautaires. L’organisation du Mondial de rugby l’année suivante met en avant les efforts produits par le pays en ce qui concerne l’union et la pacification nationale. Elle met également au premier plan l’équipe des Springboks qui s’est préparée comme jamais pour marquer l’événement. Quelques jours avant le début de la compétition, alors que Chester Williams fait partie des cadres de l’équipe, l’ailier se blesse et perd de fait sa place dans l’effectif. Il y est remplacé par Pieter Hendriks. Rétabli quelques semaines plus tard pendant que l’Afrique du Sud atteint les phases finales, Williams va profiter de la suspension du même Hendriks (pour brutalité) et marquer les esprits. Par la suite, opposé aux légendes de l’époque au poste d’ailier Emile Ntamack puis Jonah Lomu, Chester Williams ne tremble pas, comme ses équipiers et va donc participer au premier titre de l’histoire pour l’Afrique du Sud. Le quart face aux Samoa est une partie de plaisir pour les sudaf (42-14) et Chester va tout simplement inscrire un quadruplé. Sérial marqueur de la Western Province et des Golden Lions avec 50 essais en moins de cent rencontres, il marquera 14 essais lors de ses 27 sélections internationales

Le décès de Williams vendredi soir à l’âge de 49 ans suite à une crise cardiaque aura bien entendu comme conséquences de raviver le débat du possible dopage sud-africain lors de cette Coupe du Monde 1995, puisque, avant lui, ce sont trois autres joueurs, à savoir Ruben Kruger (deuxième ligne), Joost Van der Westhuizen (demi de mêlée) et James Small (ailier) qui se sont éteint sans avoir atteint la cinquantaine. Tumeur au cerveau, maladie de Charcot, crises cardiaques, tels sont les causes de ces multiples décès prématurés.

Pro D2 : Les locaux ont perdu la clé ! 

Le SAXV a souffert vendredi à Chanzy, dans un championnat où il ne fait plus bon recevoir.                                        Credit : Serge Richemont

On le sait, le rugby est un sport où il est difficile de triompher chez son adversaire. En particulier dans cette Pro d2 acharnée, où chacun campe souvent sur des bases solides à domicile. Mais cette année, il semble souffler un vent nouveau. La première journée avait donné le ton avec trois succès à l'extérieur (SA XV, Provence et Colomiers). Au total, déjà 8 succès en 24 matchs. A titre de comparaison, il avait fallu attendre la 3e journée, la saison passée, pour voir le premier succès à l'extérieur. Un record depuis cette incroyable saison 2015-2016, où presque un match sur deux s'était gagné loin des bases. Ce week-end a été particulièrement meurtrier ! Trois victoires à l'extérieur de nouveau (Grenoble, Béziers, Montauban). Les autres ? Angoulême difficile vainqueur du promu Rouennais, Nevers vainqueur dans la douleur de Biarritz, Mont-de-Marsan qui cravache contre Carcassonne, Vannes qui rame contre Oyonnax. Seul Perpignan a connu une journée plus tranquille... du moins en seconde période.

Saison Nombre de défaites à domicile
2010-2011 8
2011-2012 5
2012-2013 5
2013-2014 5
2014-2015 7
2015-2016 11
2016-2017 3
2017-2018 5
2018-2019 2
2019-2020 8

Un regain après trois saisons difficiles pour les clubs qui se déplacent. Un constat, plus que jamais, cette Pro D2 semble indécise et serrée. Aucune équipe ne semble se dégager pour le moment. Nevers, annoncé comme un des favoris à la montée, a déjà calé dans son antre du Pré-Fleuri. Bien entendu, ce constat devra être affiné au fur et à mesure des journées. Mais, bien malin sera celui capable de prédire le Top 6 à la fin de la saison. L'an passé, malgré les deux victoires à l'extérieur au bout de trois journées, a été marqué par un fort "ventre-mou" d'équipes à la fin proches du Top 6 mais pas assuré de se maintenir au crépuscule de la saison régulière. Plus que jamais, mis à part Romans déjà en grande difficulté, cette saison semble prendre un chemin similaire. Cette densité s'explique par l'augmentation des budgets, mais l'arrivée des nouvelles têtes qui viennent bousculer l'ordre établi. En quatre saisons, Angoulême, Nevers, Vannes et Rouen ont découvert la Pro D2. Nevers et Vannes ont déjà goûté aux joies des phases finales, tandis que le SA XV occupe actuellement la première place de Pro D2. Un chemin que rêve de suivre Rouen, promu cette saison. Les nouvelles places fortes ont d'ailleurs boutés hors de la deuxième division des clubs emblématiques. Ainsi, Bourgoin, Dax, Narbonne et autre Albi évoluent désormais en Fédérale 1.

Bianca Andreescu : Enfin l'étoile gagnante ?

Vainqueur d'un grand-chelem lors de sa première participation, cela vous place une performance. C'est l'exploit réalisé par la Canadienne Bianca Andreescu (19 ans), tombeuse de Séréna Williams (6-3, 7-5) en finale de l'US Open. Succès éphémère ou début d'un règne ? Question posée à chaque fois qu'une joueuse remporte son premier Grand-Chelem. Car, pour la troisième année consécutive, il y aura 4 vainqueurs de Grand Chelem différentes (Osaka, Barty, Halep, Andreescu). Preuve qu'aucune ne semble être en mesure de prendre les clés du camion WTA. Sur les cinq dernières années, 11 joueuses ont remporté un majeur ! Contre 5 seulement chez les garçons. On a cru un temps que le rôle de la patronne avait été endossé par Naomi Osaka, première depuis Séréna Williams à enchaîner deux majeurs (US Open 2018, Open d'Australie 2019). Avant de bazarder son coach et de dégringoler. Bianca Andreescu peut-elle devenir une Séréna Williams ? Où au contraire retomber dans l'anonymat.

Elle peut le faire : Jeu Set et Maths est formel, la Canadienne est toujours invaincue face au Top 10, dont elle fait désormais partie (5e mondial). 8 victoires, 0 défaites. Une statistique qui prouve qu'elle sait se hisser à la hauteur de l’événement dans les grands matchs. Or, pour gagner des Grand Chelem, il faut gagner des grands matchs. Face à Séréna Williams en finale, elle ne s'est pas affolée, quand l'Américaine est revenu de 5-1 à 5-5, lors du second set. La Canadienne a ré-accéléré pour l'emporter. Face à une joueuse évoluant à domicile, elle a fait preuve de beaucoup de cran. Beaucoup auraient craqué et laissé filer la seconde manche et s'embarquer dans une poudrière !

Elle ne peut pas le faire : Bianca Andreescu est sur un nuage depuis la tournée américaine. Ce sera difficile pour elle de maintenir constamment un tel niveau de jeu. Quid de son premier moment de faiblesse ? Comment la Canadienne va-t-elle gérer ces moments-là ? A 19 ans, difficile d'avoir une maturité émotionnelle nécessaire pour gérer les moments faibles.

Néanmoins, on a déjà hâte de la voir évoluer en cette fin de saison, avec la tournée Asiatique. On y aura les premiers enseignements ! 

Matheo RONDEAU et Etienne GOURSAUD

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