Volley : Exploit incroyable, les Bleus un peu plus près de Tokyo

TQO Volley
L'équipe de France a sorti un formidable exploit de son chapeau, contre une excellente équipe de Slovénie. Crédit : [AFP].

Et dire que tout a failli s’effondrer sans aucune rébellion, révolte. Pulvérisée par une équipe de Slovénie hyper robuste et en grande réussite sur les deux premiers sets de sa demi-finale (13-25, 22-25), l’équipe de France de volley a vu son objectif de qualification pour les prochains Jeux Olympiques filer. Filer même durant l’entame de la troisième manche, où les hommes de Laurent Tillie furent menés 8-10. Comme on dirait à Roland-Garros, deux sets zéro et un break d’avance. Or il est vrai que souvent, c’est à cet instant que démarrent les exploits. Par un brin de chance sur un service adverse, un ace sur le sien, une attaque qui vient lécher la ligne de fond.

C’est Jean Patry qui a lancé la remontée tricolore. Un formidable enchaînement de services gagnants qui a permis aux siens de passer de 8-10 à 16-10 en un rien de temps. Le troisième set était presque dans la poche des Bleus. Leurs adversaires, jusque-là en pleine confiance, venaient de prendre un mauvais coup. Le coach Alberto Giuliani décide d’ailleurs de laisser filer la manche.

 

Le quatrième set s’apparentait donc à un choc cosmique entre des tricolores en plein rebond et des Slovènes encore très dangereux. Et ça se voit, 4-1 pour Klemen Cebulj à l’attaque et les siens dès l’entame. Mais, à nouveau, la Max-Schmeling Halle observait un six français en pleine désobéissance. Le retour de la vrai équipe de France quoi ! Gros services de la part de Yacine Louati, énormes attaques de Jean Patry et Barthélémy Chinenyeze. Et surtout, ce revirement de situation du côté des défenses. Le mur slovène, jusqu’alors infranchissable, a commencé à manquer de réussite. Les attaquants Toncek Stern, Tine Urnaut ou Cebulj ont du se confronter à un mur blanc, sur chaque point. Les blocs, les boîtes se sont multipliées, Le Goff, Patry et Chinenyeze à l’œuvre. La feuille de stats, jusque-là vide de services et de blocs, s’est garnie jusqu’à atteindre 12 services gagnants et 15 blocs. Énorme dans un temps de jeu si bref. Comme un symbole, c’est Jean Patry qui est venu valider l’égalisation française à deux sets partout (25-21 dans le 4e set).

 

Cette demi-finale allait donc se terminer au tie-break. Ah oui, le tie-break, ce cinquième set si cher aux Bleus depuis sept rencontres. Depuis une rencontre contre la Serbie en préparation du Mondial 2018, les équipiers d’Earvin Ngapeth n’avaient plus gagné un tie-break. Entre autres, il y avait eu la défaite contre la même Serbie au Mondial, encore contre la Serbie en demie de l’Euro, et les deux précédents cette semaine face à la Bulgarie et les Pays-Bas. En plus d’être condamnés à l’exploit une fois rendus à 0-2 et 8-10 dans le troisième, les tricolores devaient donc briser une malédiction. Autant dire qu’elle fut balayée d’un revers de main. Ngapeth a attaqué, il a marqué, et a offert à Antoine Brizard son instant de gloire. Quatre points consécutifs sur son service, de quoi faire une énorme différence dans une manche où il ne faut atteindre que 15 points. A 8-3, soit +5 par rapport aux Slovènes et -5 par rapport au match, la différence était faite (15-8 au final).

 

La France a donc réalisé un authentique exploit. Exploit dont elle seule à le secret, ayant la capacité de passer d’une apathie frustrante à une folie abracadabrante. Cela fait bien sur penser à la demi-finale de l’Eurovolley 2015, disputée contre la Bulgarie. Nicolas Le Goff avouera que les tricolores y ont pensé après la folle série de Jean Patry en milieu de troisième set. Et ils ont offert un scénario similaire. Il y a quatre ans et demi, la team Yavbou était passée de 0-2 à 3-2. Comme hier, c’était pour une place en finale. Ce soir, ce sera face aux locaux Allemands qu’il faudra aller chercher ce fichu ticket pour les Jeux Olympiques. Les Allemands ont sorti avec autorité la Bulgarie (3-1) dans les heures qui ont suivi l’exploit français.

 

Après ce qu’il s’est passé hier, on voit mal les Bleus abandonner à la première attaque du pointu Germain György Grozer. Ils étaient tellement si proche de quitter la course aux J.O. par la petite porte, avec trois revers consécutifs (en cas de défaite hier) et la claque en Pologne si l’on remonte plus loin, que plus rien ne semble pouvoir les atteindre. Aussi, comment avoir peur des 12.000 supporters de l’Allemagne quand on a dompté les plus de 30.000 de l’Arena da Baixada de Curitiba en finale de la Ligue Mondiale de Volley en 2017 contre la Brésil ? Les feux ne sont évidemment pas tous au vert pour l’équipe de France, qui va avoir un sacré adversaire à manier et une pression à maîtriser.

En 2015, Ngapeth et compagnie avaient décroché l’or européen contre la Slovénie après avoir été au bord du gouffre. Il faut rééditer la performance, pour poursuivre l’histoire un peu plus longtemps, au Japon. Et surtout, comme le dit Antoine Brizard, pour ne pas passer pour « des cons ».

 

Mathéo RONDEAU

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