Le bilan des Français à Doha !

Quentin Bigot a ramené une belle médaille d'argent [Crédit : AFP].

Quentin Bigot a ramené une belle médaille d'argent [Crédit : AFP].

Un bilan très moyen mais...

Deux médailles, comme à Pékin en 2015. Un instant, on a cru que les Français seraient fanny à Doha ! Mais, en un magnifique quart d'heure, d'abord Quentin Bigot au marteau, puis Pascal Martinot-Lagarde au 110m haies ont débloqué le compteur bleu ! Malheureusement plus rien après. Des bilans comme cela, on en a eu d'autres années. En 1983 et 1993, la délégation française avait même été bullée ! Donc niveau médailles, on se situe plutôt sur une moyenne basse mais en évitant la correctionnelle. Ci-dessous le bilan des Français à chaque édition des mondiaux

Année Nombre de médailles Année Nombres de médailles
1983 0 2003 8 (3 or 3 argent 2 bronze)
1987 3 (2 argent 1 bronze) 2005 8 (2 or 2 argent 4 bronze)
1991 2 (1 or, 1 argent) 2007 2 (2 argent)
1993 0 2009 3 (1 argent 2 bronze)
1995 3 (1 or 2 bronze) 2011 4 (1 argent 3 bronze)
1997 2 (1 or 1 bronze) 2013 5 (1 or 2 argent 2 bronze)
1999 3 (1 or 2 argent) 2015 2 (2 bronze)
2001 2 (1 argent 1 bronze) 2017 5 (3 or 2 bronze)

Alors oui, depuis les années 2000, les Français étaient globalement mieux (sauf à Osaka en 2007 et donc Pékin). Depuis le début des Mondiaux, la moyenne des Français est à 3,25 médailles. On est donc loin de la grande bérézina annoncée dans la plupart des médias depuis hier soir. De plus, les deux médaillés ont obtenu leur première breloque sur le plan mondial (outdoor). Bigot 26 ans et "PML" 27 ans, sont appelés à briller de nouveau sur la scène internationale.

En réalité, le chiffre le plus inquiétant est le nombre de finalistes, seulement 6 (hors relais). Cela traduit un certain manque de profondeur. Plus que le nombre de médailles, c'est l'incapacité des Français à entrer en finale qui peut poser problème. Car on risque de compter sur les mêmes athlètes pour les médailles. Certains ont déçu comme Ludvy Vaillant au 400m haies, dont on attendait un peu mieux. Ou Pierre-Ambroise Bosse sur le 800m, champion du monde en titre, également éliminé en demi.  

Une équipe rajeunie...

Depuis 2 ans, les modalités de sélection de la FFA se sont assouplies, permettant à davantage d'athlètes de se qualifier. Notamment des néophytes. Ils étaient beaucoup à découvrir les Mondiaux pour la première fois. Parmi eux, certains ont brillé comme Djilali Bedrani, brillant 5e au 3000 steeple avec un record pulvérisé (8'05''23). Cela en fait un potentiel médaillable dès l'année prochaine au J.O. D'autres comme Alexis Miellet sur 1500m ont montré de belles choses. Le Dijonais loupe la finale du 1500m pour une poignée de centièmes. Mais lui aussi prend date. Le demi-fond français remonte la pente petit à petit. On attendra beaucoup d'autres jeunes comme Jimmy Gressier, Hugo Hay, qui peuvent continuer leur ascension dans les années futures. Déborah Sananes a également été en demi-finale du 400m pour sa première sélection ! A la perche, Ninon Guillon-Romarin prend certes la 12e place à la perche, mais sa performance (4,70m) l'aurait classée à coup sur dans le top 8 à chaque édition. Parfois, cela aurait même été synonyme de médaille. Dans une densité historique, elle a su être au niveau, frôlant les 4,80m.

Fanny Quenot, Laura Valette sur 100m haies, découvraient elles aussi les mondiaux. Les hurdleuses ont certes été éliminées en séries, mais elles ont pu engranger de l'expérience. D'autant qu'avec quatre filles sous les 13'', on n'avait pas vu une telle densité depuis des années. Cela peut servir à chacune pour se tirer la bourre. On peut reporter le constat sur Yanis David et Hilary Kpatcha. Toutes ces athlètes sont amenées à poursuivre leur progression. Et devenir de potentielles finalistes (voire plus). Pourquoi pas dès Tokyo ?

Et des cadres qui ont joué de malchance.

Abandon de Yohann Diniz (et de nombre de favoris sur 50km marche), blessure de Kévin Mayer, méforme et blessure en prépa pour Renaud Lavillenie et Christophe Lemaitre. Nombre de pourvoyeurs de médailles côté français ont connu des galères avant ou pendant la compétition. Alors oui, les Français sont sans doute passés à côté de deux médailles d'or qui auraient alors totalement changé la lecture de ces mondiaux. On serait passé au dessus de la moyenne, tant en médailles qu'en titres. Car ne nous mentons pas, avant sa blessure aux ischios, Kevin Mayer était bien parti pour conserver son titre, tandis que Yohann Diniz avait montré de gros gages de forme cette saison. 

Renaud Lavillenie et Christophe Lemaitre ont également connu des préparations plus que tronquées et n'ont pas abordé ces mondiaux dans la meilleure des conditions. On parle là de quatres athlètes multi-médaillés sur la scène internationale. Un trou qui plombe inévitablement le bilan de la délégation française.

Alors oui, ces mondiaux sont très moyens, mais ne versons pas dans l'alarmisme. Souvent les Français sont capables de formidables rebonds. En attestent les six médailles olympiques en 2016, après les deux médailles de Pékin.

Etienne GOURSAUD

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GHOSTRIDER 10/10/2019 02:42

On doit arrêter de vivre dans le passé et avancé de l'avant , comme les autres nations. Premièrement en devrait avoir 0 médaille , bigot ancien dopé et PML a eu un coup de chance que l'espagnol et le jamaicain se casse la figure à 5 mètres de l'arrivé.
C'est tout à fait normale les critiques , il faut trouvé des solutions au malaise de l'athlètisme français.